100pour100culture.com

No.26
mai 2009

Gisèle Zogo : “Stockholm, symbole de l’intégration sociale et culturelle”

-

De nombreux hommes et femmes, aux quatre coins du monde se battent tous les jours pour construire une société plus juste, plus libre et plus equitable. Gisèle Zogo, Franco-Camerounaise, battante et chef d’entreprise optimiste est de ceux-là…

Gisèle, nous nous sommes rencontrées lors de la journée de la Francophonie. J’aimerai que vous vous présentiez à nos lecteurs . Qui êtes-vous ?
Qui suis-je? Question très vaste et simple à la fois, mais je vais essayer de répondre au mieux : je suis une jeune femme Africaine, la quarantaine passée, originaire du Cameroun, et de nationalité francaise. Depuis l'âge de 9ans, je vis en France. J'y ai fait toutes mes études, jusqu'à l'obtention d'une licence en communication Audio-visuelle. J'ai trois magnifiques enfants, qui ont chacun, 21 ans, 18 ans et 14 ans. Deux garcons et une fille.

Depuis quand êtes-vous arrivée à Stockholm ?
Je suis arrivée à Stockholm en Juillet 2007 comme touriste, mais je suis tombée sous le charme de ce beau pays qui m’a attirée comme un aimant. Je prends donc la ferme décision de venir m'y installer dès mon retour en France. Janvier 2008 me voilà de retour ; ca fait donc un (1) an et demi en tout.

Pourquoi avoir choisi Stockholm ?
Stockholm est une très belle et vieille ville découpée en îlots, c'est le centre de la vie, des affaires et surtout le mieux pour satisfaire et réussir son intégration sociale, culturelle, historique, économique etc.

Que pensez-vous de la Suède ?
C'est un beau pays, aux multilples facettes très originales, surtout que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Le peuple suédois ressemble étrangement à ce paysage d'îlots aux formes mi-longilignes, mi-tortueuses.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos rapports avec les gens d’ici ? Comment vivez-vous au quotidien ? Vous plaisez-vous ici ?
J'ai fait mon entrée dans la vie et communauté sans trop de complications. Je suis tombée sur des suédois(es) qui m'ont vraiment ouverts les portes ici grâce à mon ouverture d'esprit, ma disponibilté, mes idées, mes projets, je pense que ceci était dû au fait de curiosité de rencontrer une femme africaine plein de dynamisme, d'entrain et surtout cultivée. Au fil des mois, j'ai très vite appris à connaître la mentalité des gens d'ici. Pour être sur la même onde, je fais et réagis comme eux sauf que c'est pas ma nature d'être hypocrite, parce que dire OUI avec toujours un sourire aux lèvres et ensuite penser NON c'est bien le suédois car il se croit au-dessus de toutes connaissances. Mais ma grande gueule veut que je leur fasse aussi comprendre qu'ils sont limités dans cette connaissance des autres. En un mot avec mes amis(es) suédois, nous ne sommes jamais d'accord sur pas mal de points, mais on se respecte et on s'aime bien.

Quelle est votre activité ?
Si je n'avais pas créé ma plate-forme pour l'aide aux entreprises en Afrique, je crois que je serai devenue folle dans ce pays car tout est fermé. Trop de diplôme pour un étranger dans ce pays n'est pas gratifiant. Je m'y plairai encore plus si vraiment mes activités évoluaient mais c'est pas le cas car elles stagnent dans l'attente des promesses et aides financìères qui ne viendront jamais, du moins, je finis par le croire. Alors pour me faire connaître ainsi que mes activités j'organise des conférences sur l'Afrique francophone que les suédois ne connaissent pas, je parle principalement de mon pays car mes activités sont axées entre le Cameroun et la Suède, je donne des cours de francais aux petits suédois des familles aisées.

Quels sont vos projets ?
Pour le moment mes projets sont hypothéqués à cause de la non-avancée de mes activités. Je me suis fixée un objectif d'ici la fin de l'année, si rien ne bouge vraiment. Voyez-vous, je suis une femme battante et dynamique, je me sens mourir à petit feu dans ce pays que j'aime mais le système ne suit pas : il rend plutôt les gens pareusseux et c'est pas mon monde. Moi j'aime le challenge et l'innovation. Je n'ai pas peur de recommencer dans mon pays la France car j'y ai créé et dirigé une entreprise pendant plusieurs années avant de venir tâter le terrain suédois. Une chose est certaine : je pourrai réussir dans ce pays : Mais cela prendra trop de temps. Le temps c'est de l'argent et j'ai une famille que je ne vois pratiquement plus. Donc à quoi bon continuer de faire comme si tout allait pour le mieux ?

Ce que Gisèle appelle sa “grande gueule”, traduisons-le par son franc-parler. Peut-être est-ce ce trait de caractère, assez rare, de concert avec sa minceur et son élégance, qui fait son charme. Nous espérons que celle-ci obtiendra l’aide financière qu’elle attend pour mener à bien son entreprise intitulée « Providence », un nom d’autant plus approprié qu’il soutend et l’optimisme incommensurable et la volonté de réussir de sa fondatrice.