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3No.13
avril 2008


FIRMIN KOTO SUR RFI :
« Mon rêve, c’est d’être un Africain moderne en Europe »

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Dans le cadre de son émission DIASPORA diffusée sur Radio France Internationale (RFI), une émission – comme son nom l’indique – consacrée à la diaspora africaine, Benson Diakité a reçu par téléphone depuis la capitale suédoise Firmin Koto, le Rédacteur en Chef du magazine 100%Culture qui a décidé de s’y installer. Cela se passait le 17 février 2008. Un dialogue direct fort enrichissant que nous diffusons par écrit à nos internautes.

Benson Diakité : Vous êtes un jeune Ivoirien installé depuis quelques années à Stockholm en Suède. Vous êtes même marié à une Suédoise ; pourquoi avez-vous choisi la Suède comme pays de destination ?
Firmin Koto: J’ai choisi la Suède comme pays de destination, parce que pour moi c’était un challenge de découvrir d’autres horizons. Alors, quand à un moment de ma vie, j’ai voulu m’expatrier, je me suis dit : ”Non mais, tout le monde va en France, moi je ne vais pas en France, je vais en Suède”. Alors là, donc c’est comme ça que je suis arrivé en Suède.

BD : Est-ce que ça été difficile pour vous de vous installer en Suède et de vous intégrer dans la société suédoise ?
FK : Mais moi, je pense qu’à tous les niveaux, c’est très difficile mais tout dépend de l’objectif qu’on se fixe en arrivant quelque part. Les problèmes de discrimination, les problèmes de racisme, les problèmes d’intégration, ça s’impose forcément à celui qui arrive dans un milieu, même pas forcément en Europe, mais quand tu quittes Paris et que tu vas à Abidjan, c’est clair que tu perds un peu tes repères donc quelque part tu as besoin de ces repères. Mais, à mon niveau, je pense qu’en venant ici, je m’étais déjà mis dans la tête : écoutes ! Tu as des armes, tu es journaliste et il faut que tu te battes pour pouvoir t’imposer dans le milieu dans lequel tu vas. Et petite anecdote : chaque fois que je suis invité à des conférences et qu’on me demande de me présenter, je dis toujours que je m’appelle Firmin Koto, je suis né en Côte d’Ivoire et je suis Africain, mais je vis dans le monde. Donc déjà au départ, j’ai un point de vue universel de la vie qui me permet de me parachuter à tout point de vue et à tout niveau quoi.

BD : Et vous personnellement Firmin, comment est organisé votre quotidien, dans quel secteur travaillez-vous ?
FK : Bon, moi quand je suis arrivé au départ, je travaillais dans un restaurant. J’ai fait de la plonge, et six mois après, je me suis dit : ”non, mais, tu ne peux pas être un journaliste en Afrique et devenir du coup un plongeur”. Inévitablement, il y a des étapes à passer. Après ça, j’ai été recruté par une maison de distribution de produits exotiques et puis après comme j’avais déjà commencé les cours, donc je vais à l’école et en plus, je gère 100%Culture, ma société qui est Intermédiaire Consulting, en fait.

BD : Alors, quelles sont les institutions qui s’occupent de l’accueil des étrangers en Suède ?
FK : Il y a Migration Verget, qui est le Ministère de l’intégration. Et donc quand, vous arrivez directement en Suède, [il] faut vous adresser à cette institution qui vous enregistre selon que vous ferez la demande comme un refugié ou bien quelqu’un qui veut travailler ; et donc c’est à eux de sceller votre sort, de savoir si vous devez rester dans le pays ou pas, en fait. Voilà !

BD : Firmin, dernière question. Quels étaient vos rêves en quittant la Côte d’Ivoire pour l’Europe ?
FK : Mon rêve, en quittant la Côte d’Ivoire, c’était d’être un Africain moderne en Europe. Et aujourd’hui, je pense que je suis en train de le réaliser. Je fais un journal et bientôt on va faire le premier anniversaire du journal qui est 100%Culture. Bientôt on va faire un très grand festival pour marquer le premier anniversaire, ce sera en mars prochain. Alors, mon rêve, c’est d’être un Africain moderne en Europe qui vit bien, décemment et je pense que ça commence par donner ses fruits.
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