Édito : Mourir pour vivre…
par firmin koto
- Réalisé à Stockholm
Il y a comme une odeur de soufre dans l’air dans ce onzième numéro de www.100pour100culture.com. Mais, ne vous y fiez pas. Quelque chose qui rappelle les années de braise qui n’ont eu de cesse de meubler l’histoire des peuples Noirs. Celle où les plus téméraires, c’est-à-dire ceux qui osaient rester débout sur la ligne de front, mouraient certes mais demeuraient par la même occasion immortels…
Comme s’il fallait perdre la vie, avec brutalité, pour mieux la retrouver ! Didier Awadi, rappeur sénégalais très célèbre pour ces rimes en wolof est fait de ce bois. Dur et ferme. Dans un single explicite qu’il vient de sortir, « On Ne Signe Pas », il met les petits plats dans les grands en assimilant les Accords de Partenariat Economique (APE) à des « Arnaques et Pillages Esclavagistes » Même son de cloche pour le journaliste franco-ivoirien Serges Bilé, qui vient de mettre sur le marché un livre qui, lui, retrace l’histoire d’esclavagistes… Noirs ! Bref, l’âge d’or du militantisme est peut-être à vivre, mais il y a tout de même le talent de ces artistes qui reste palpable surtout pour les esprits affranchis.
De Fally Ipupa, ce chanteur congolais qui barre la Une de votre magazine préféré de sa tronche de playboy, on dira simplement qu’il invite à découvrir son univers de rêves enchanteurs.
Enfin, pour refermer le volet de l’engagement militant, l’ironie veut que le plus bel épitaphe jamais dédié à Malcolm X., martyr de la lutte anti-raciale assassiné en février 1965 aux USA, ait été prononcé par son « rival » de l’époque Martin Luther King qui a déclaré à la mort de son contemporain que : « Nous n’avons pas encore appris à exprimer notre désaccord sans essuyer avec violence le désaccord des autres… ». Awadi et Serges Bilé n’ont heureusement rien à craindre de ce côté-là ! Enfin, nous l’espérons…





