100pour100culture.com

No. 1
Avril 2007

 

« Mon ambition pour faire connaître mondialement les artistes ivoiriens
depuis la France »

 

Lebri Jeety est connu dans le milieu du showbiz ivoirien sous le pseudo de Big Manager en tant que créateur et manager de la compagnie de danse contemporaine Tchétché et des Sakoloh. Aujourd’hui, il a créé jeety’s prod, sa propre structure qui compte produire John Yalley, Ismaël Isaac, Frost, Antoinette Konan, Jombo’o Oku (Gbazza Fitgaro) et autres…

Semantic Flash: Slippery When Wet

 

 

A quelques jours de son départ en Côte d’ivoire pour les obsèques de Béatrice Kombé, une de ses anciennes collaboratrice dans la compagnie Tchétché et Lakimado, Lebri Jeety s’est prêté aux questions de 100%100culture.net dans lesquelles il nous parle de cette brillante chorégraphe et ses ambitions pour redonner du tonus à ses artistes pour être mieux vus sur le plan international et ce, par le biais de son site www.jeetysprod.com

D’où et comment t’es venue l’idée de création d’une troupe de danse ?
J’étais Manager de la compagnie de danse Lakimado gérée par Désiré Bamba. Et lors du MASA 97, j’ai fait la connaissance de Cati Antonelli qui est Administratrice du « Mur du Son » à Marseille. Elle m’a donc invité au WOMEX (World Market of European Exposition). C’est donc au cours de ce grand marché de la culture que j’ai mis, de façon concrète, en route la Compagnie Tchétché. Mais pour être très précis, je l’ai créée avec Feue Beatrice Kombé, le 1er Juin 1997. Cela fait donc aujourd’hui 10 ans.

Mais aujourd’hui où en êtes-vous (le groupe en général) avec la compagnie Tchétché ? Existe-t-elle encore ?
Je ne suis plus Administrateur de la compagnie mais elle existe. Elle est en marche. Je me suis plutôt concentré sur la musique avec Sakoloh et les Glay’doo qui résident maintenant à Londres.

Donc tu ne gères plus de troupe, ni d’artistes à présent ?
Je ne dirai pas ça. Mais plutôt que je suis plus Producteur que Manager. J’ai donc franchi un palier. Je suis créateur de Jeety’s prod qui produit et gère la carrière de bon nombre d’artistes ivoiriens afin de leur permettre de bénéficier du vaste réseau culturel tissé pendant les 10 dernières années. Pour ces artistes, je citerai John Kyffy connu sous le nom de John Yalleh, Ismaël Isaac, Antoinette Konan, Jombo’o Oku, Frost et j’en passe.

C’est quoi Jeety’s prod ? Peux-tu l’expliquer ou la présenter au monde du showbiz ?
Jeety’s Prod est une structure de production et de management culturels. Nous sommes d’abord une structure de Production de spectacles et discographiques et une structure de management pour permettre aux artistes ivoiriens d’avoir un lien fiable vis a vis des Occidentaux. Mon expertise, il faut le dire, a permis à la compagnie Tchétché de remporter le 1er prix découvertes RFI 1999, le prix UNESCO au MASA 1999 et le 2è prix des rencontres chorégraphiques à Madagascar en 1999. C’est donc tout cela que je veux mettre à la disposition des musiciens.

Où est basée cette structure pour quelqu’un qui voudrait te contacter ?
Nous sommes basés au cœur de Paris à la rue de Berri en France, l’un des plus grands pôles culturels.

Les artistes que tu produis en ce moment sont des années 80 et 90. Penses-tu qu’ils pourront encore séduire les mélomanes de l’hexagone et particulièrement le public ivoirien composé en majeur partie de jeunes ?
Le meilleur vin est ce qui date de longtemps. Il suffit donc de faire connaitre ces talents idolâtrés en Côte d’Ivoire au public occidental avec une communication appropriée.

A quand un spectacle avec ces artistes ? Si oui, le lieu ?
Nous prévoyant un grand show inédit avec les artistes de l’écurie sur la scène parisienne pour l’été et probablement au Zénith pour célébrer la réconciliation ivoirienne. Ensuite, nous reproduirons le même concept à Abidjan en Décembre 2007.

Tu viens de perdre une collègue qui t’es chère du nom de Béatrice Kombé. Comment s’est faite votre première rencontre ? Qui est-elle réellement pour le public ivoirien voire international qui ne la connait pas ?
Je vous remercie pour l’opportunité que vous m’offrez de parler d’une figure emblématique de la danse contemporaine mondiale. Mlle KOMBE (paix à son âme !) et moi, nous nous sommes rencontrés au sein du Lakimado en 1996. Ayant vu son talent à l’état pur, j’ai décidé de lui donner un coup de main et donc, je lui ai proposé de s’occuper de la chorégraphie et moi à de l’administration. Elle est d’une grâce pure de la trempe des Alvin Harley, Béjart, Pinabauch. Seulement, comme nous sommes issus d’un pays qui ignore la place de la culture, elle est restée méconnue des autorités ivoiriennes à l’exception du Ministre Monnet Léon qui, lorsqu’il était Maire, a permis à la compagnie Tchétché d’avoir un espace de création à la maison de la culture d’Adzopé. J’en profite pour lui dire merci et aussi à M. ZIO (professeur à Adzopé) qui a donné le logis à toute la compagnie Tchétché avant le Masa 99.

Aujourd’hui ta maison de production est basée à Paris, comment vois-tu la vente de CD et de DVD des artistes africains et particulièrement ivoiriens dans les petits commerces à Paris ? Pensent-tu qu’ils vivent de leur métier ?
C’est une véritable aberration de voir comment les nègres malmènent les œuvres de l’esprit. Le milieu est gangrené ; une mafia s’est instituée dans le milieu africain qui fait que les artistes n’ont rien. Et le comble, c’est que c’est dans leur propre pays qu’ils sont plus piratés et malheureusement on est obligés de cotiser à leur mort pour les enterrer.

En tant que producteur, quelles sont les solutions pour endiguer ce fléau ?
La solution est simple. Il faut laisser des juristes gérer les sociétés de droits d’auteurs, ensuite il est impératif que les Etats africains balisent le secteur. Un presseur de CD ne doit pas être distributeur des mêmes CD, car c’est dingue de voir une situation pareille.

Sois précis.
Je souhaite qu’on retire la fabrication des CD aux maisons qui les distribuent. Et comme nous sommes un pays en manque de moyens, l’Etat doit créer une Maison de fabrication de CD, de K7 et de l’audio visuel.

Mais cela existe déjà au pays, je pense au temps de Marcellin Yacé, non ?
Non cela n’a jamais existé en Côte d’Ivoire. Quand on prend l’exemple de « Showbiz » et consorts en Côte d’Ivoire, ils sont en même temps producteurs d’artistes et fabricants de supports de ces artistes. Ce sont aussi eux qui les distribuent. Ce n’est pas normal tout ça.

Pour terminer, tes projets pour cette année 2007 en France comme en Côte d’Ivoire ?
Cette année doit servir à la mise en marche des artistes que je vais gérer de sorte que 2008 soit le temps de leur implantation en occident. Je préfère être la personne ressource dès qu’on parle des artistes ivoiriens et Jeety’s Prod servira de support à cela. A y voir clair, j’ai préféré les artistes pétris de talents qui manquent de réseau, parce que les réseaux j’en ai aujourd’hui. Et nous sommes dans l’ère des réseaux.

Enfin, un petit mot qui va très bien avec ces artistes qui te sont proche : Sakoloh, Glay’ doo, John Yalley, Ismaël Isaac, Frost et Antoinette Konan
D’abord Sakoloh, je dirais que c’était une référence dans la musique tradi-moderne, malheureusement LOHORE qui était le garant de ce concept n’est plus. Mais Dieu merci les DJIZ prennent le relais.

Glay’ doo, pour moi, ce sont les plus grands vocalistes qui existent aujourd’hui en Côte d’Ivoire seulement qu’ils ne sont pas connus du grand public. Pourtant quand tu entends “PICASSO” des Woody ce sont eux les géniteurs.

Quant à John Yalley, je dirai qu’il est une source d’inspiration de bon nombre d’artistes ivoiriens qui a les mêmes problèmes que les autres. Il est inconnu du public occidental.

ISMO (Ismaël Isaac) est celui qui sort du lot pour avoir travaillé avec ISLAND mais qui a manqué de coaching en temps opportun. Jeety’s Prod va lui donner l’expertise qui lui a fait défaut

Frost enfin connait les mêmes problèmes que les artistes ivoiriens en dehors bien sûr des gaous magiciens (Magic System) et de Jagger (Alpha Blondy). Il manque de communication et de visibilité. Nous allons lui donner les canaux pour se faire voir. C’est aussi le cas d’Antoinette Konan.

Jeety’s prod
Management et production culturels
www.jeetysprod.com
lebri.bridji@jeetysprod.com
+33 (0) 627 242 537

brignan@gmail.com

 

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